Ceux qui profitent de la réforme

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Marc, artisan après avoir été salarié, percevrait 20% de plus par mois

Marc est né en mars 1954. Il a été salarié de 1973 à 1989 avant de s’installer comme artisan en 1990, activité qu’il exerce encore aujourd’hui. Par ailleurs, il a été moniteur de ski pendant les saisons d’hiver de 1978 à 2006. Il envisage de percevoir ses retraites le 1er novembre 2015, date à laquelle il atteindra l’âge légal de 61 ans et 7 mois et ouvrira droit à une pension à taux plein puisqu’il réunit le nombre de trimestres nécessaires. Mais peut être aurait-il eu intérêt à attendre 2017 ? Le nouveau mode de calcul lui permettrait en effet de gagner 20% de plus par mois sur ses retraites de base.

Comment calculer le montant de la retraite des régimes alignés

Rappelons les trois éléments qui entrent dans la formule de calcul des retraites des régimes alignés :

  • Le salaire ou revenu annuel moyen (SAM ou RAM). Il équivaut à la moyenne des 25 meilleures années (après revalorisation) si l’assuré a cotisé auprès d’un seul régime aligné. Si l’assuré a cotisé auprès de plusieurs régimes alignés, le nombre d’années est alors proportionnel à la durée d’assurance acquise auprès de chacun de ces régimes.
  • Le taux de liquidation (T). Il s’agit du taux appliqué au SAM ou au RAM au moment de la liquidation de la retraite. Le taux maximal, dit « taux plein », est de 50%.
  • La durée d’assurance (DA). Il s’agit du nombre de trimestres acquis dans le régime concerné. Ce nombre est rapporté au nombre de trimestres nécessaires pour ouvrir droit à la retraite à taux plein en fonction de la classe d’âge (durée de référence, ou DR).

Le montant calculé annuel brut de la retraite (R) des régimes alignés est donc le suivant : R = SAM x T x DA/DR

Détail des revenus perçus et des trimestres cotisés

Tableau de calcul de retraite poly-pensionnée :

La retraite de Marc avec le mode de calcul actuel

Aujourd’hui, le montant calculé annuel brut des retraites du régime général (RG) et du RSI est le suivant :

  • Pour le RG : 11 320,02 x 50% x 64/165 = 2 195,39 €
  • Pour le RSI : 35 503,55 x 50% x 100/165 = 10 758,65 €

Soit un total de 12 954,04 € par an, ou 1 079,50 € brut par mois.

Pour son activité de moniteur de ski, Marc a cotisé à un régime particulier qui a été repris depuis par la Cipav (Caisse de profession libérale). S’ils sont bien retenus pour l’ouverture du droit à la retraite à taux plein, les trimestres acquis ne sont pas intégrés dans la retraite polypensionnée, car la Cipav n’est pas un régime aligné.

La retraite de Marc avec le nouveau mode de calcul

En appliquant le nouveau mode de calcul des régimes alignés, le montant de la retraite polypensionnée serait de :

> 30 876,33 x 50% x 164/165 = 15 344,60 € par an, ou 1 278,71 € brut par mois, soit un gain de 199,21 € par mois.

Marc aurait tout intérêt à attendre 2017 pour liquider ses retraites. Cela lui permettrait en effet de toucher près de 200 euros brut supplémentaires par mois. Ce qui n’est pas négligeable dans son cas (+18% des retraites de base).

Pourquoi Marc fait partie des gagnants
Les deux étapes de la carrière de Marc ne se chevauchant pas, le nombre total de trimestres dans les deux régimes (164) reste inférieur au maximum retenu pour le calcul (165). Résultat : il ne « perd » aucun trimestre dans le nouveau mode de calcul.
Compte tenu des faibles revenus de Marc lorsqu’il était salarié, la prise en compte des 25 meilleures années de sa carrière, essentiellement pendant la période où il a exercé comme artisan, lui est favorable.
On retient les 25 meilleures années qui sont souvent les dernières de la carrière.

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FAQ

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Une seule année de cotisation suffit pour ouvrir des droits à l’AVS, c’est l’un des grands avantages du système suisse par rapport au système français. Dès lors qu’on a cotisé au moins un an, on reçoit une rente partielle.

Ensuite, tout est une question de proportionnalité :

  • Pour toucher la rente complète, il faut 44 années de cotisation (de 20 à 65 ans). Une durée plus courte donne droit à une rente partielle, proportionnelle au nombre d’années cotisées. 
  • Chaque année manquante réduit la rente d’environ 2,3 %. Il est possible de combler des lacunes en payant des cotisations arriérées, mais uniquement pour les 5 dernières années.
  • En pratique, parmi les personnes vivant à l’étranger ayant travaillé en Suisse, près des deux tiers n’affichent que 15 années de cotisation environ, pour une rente moyenne autour de 630–645 CHF/mois.

En résumé : pas de seuil minimum bloquant, mais plus vous avez cotisé longtemps, plus la rente est élevée — avec 44 ans comme référence pour le maximum de 2 520 CHF/mois.

 

En 2026, la rente AVS minimale est de 1 260 CHF/mois, et la rente maximale de 2 520 CHF/mois pour une personne seule — à condition d’avoir cotisé pendant 44 ans (carrière complète). 

Quelques précisions importantes :

  • Cette rente minimale a été relevée de 2,9 % au 1er janvier 2026 (elle était de 1 225 CHF auparavant), en ligne avec l’évolution des prix et des salaires. 
  • Pour un couple marié dont les deux conjoints sont à la retraite, la rente AVS est plafonnée à 150 % de la rente maximale individuelle, soit 3 780 CHF/mois au maximum. 
  • Si la rente AVS ne suffit pas à couvrir les besoins vitaux, des prestations complémentaires peuvent être demandées.
  • À partir de décembre 2026, une 13ᵉ rente annuelle sera versée aux bénéficiaires de l’AVS.

 

Après 10 ans en Suisse, vous cumulez trois sources :

  • AVS (1er pilier) : une rente partielle proportionnelle à vos années cotisées, soit environ 290 à 580 CHF/mois.
  • LPP (2e pilier) : le capital de votre caisse de pension, récupérable en rente ou en capital selon votre choix.
  • 3e pilier : votre épargne privée, si vous y avez contribué.

Du côté français, vos 10 ans suisses (≈ 40 trimestres) s’ajoutent à votre carrière pour atteindre le taux plein plus rapidement.

À noter : si vous résidez en France, vos deux pensions seront soumises aux prélèvements sociaux français (CSG, CRDS). Les démarches sont à faire séparément dans chaque pays, idéalement 5 à 6 mois avant la retraite.

 

Oui, vous pouvez percevoir les deux retraites en parallèle, chaque pays versant sa propre pension selon ses propres règles.

Grâce à l’accord de coordination sociale signé en 2002 entre la Suisse et l’UE, les périodes de cotisation effectuées dans l’un des pays sont reconnues par l’autre.

Si le travailleur frontalier a effectué une partie de sa carrière en Suisse et l’autre en France (ou dans un autre pays de l’UE), il reçoit une pension de chaque État, à condition d’avoir été assuré dans le pays concerné au moins une année.

 

Oui. Ce dispositif permet de combler des périodes non cotisées (études, stages, années incomplètes) pour améliorer sa pension ou réduire une décote. Il est accessible à tout assuré entre 20 et 67 ans, dans la limite de 12 trimestres maximum sur toute la carrière.

Le coût varie selon l’âge et le revenu — plus on attend, plus c’est cher — mais les sommes versées sont déductibles des revenus imposables. Le paiement peut être étalé sur 1, 3 ou 5 ans.

 

Vous pouvez valider au maximum 4 trimestres par an.

 

Partir à 62 ans avec 120 trimestres signifie avoir un nombre important de trimestres manquants (entre 47 et 52 selon votre génération). La décote appliquée atteint dans tous les cas son plafond maximum de 25 %, ce qui réduit significativement votre pension de base.

Concrètement, une pension calculée à 1 200 €/mois sans décote ne vous en verserait plus que 900 €/mois.

La meilleure alternative dans cette situation est souvent d’attendre vos 67 ans : vous obtenez alors automatiquement le taux plein, sans décote, quel que soit votre nombre de trimestres.

 

Le nombre de trimestres requis varie entre 167 et 172 selon votre date de naissance, avec un âge légal de départ compris entre 62 et 64 ans. Le maximum de 172 trimestres (43 ans de cotisation) s’applique à toutes les générations nées à partir de 1965 (1966 pour les retraites liquidées à compter du 1er septembre 2026, suite à la suspension de la réforme des retraites).

À noter : à 67 ans, le taux plein est automatique quel que soit votre nombre de trimestres.

 

Oui, plusieurs leviers existent :

  • Travailler plus longtemps : chaque année supplémentaire génère de nouveaux points.
  • Racheter des points : il est possible de combler certaines périodes peu cotisées (études, années incomplètes), dans la limite de 420 points au total. Plus le rachat est fait tôt, moins il est coûteux.
  • Corriger son relevé de carrière : des points peuvent manquer par erreur. À partir de 55 ans, une demande de correction est possible sur info-retraite.fr.
  • Demander un entretien retraite : dès 45 ans, votre caisse peut vous aider à simuler votre pension et envisager un rachat de points.

 

Plusieurs options s’offrent à vous :

  • agirc-arrco.fr : accédez à votre espace personnel pour consulter votre relevé annuel de points (RAP) et obtenir une estimation de votre future pension.
  • info-retraite.fr : consultez votre relevé individuel de situation (RIS), qui centralise vos droits auprès de tous vos régimes de retraite.

Dans les deux cas, la connexion se fait via FranceConnect.

 

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