Etude de cas client : poursuite d’activité ou rupture de contrat, quelle option choisir ?

Comment organiser son départ en retraite avec son employeur ? Découvrez notre cas client NEOVIA !
Sommaire

Monsieur Cuvier est né en juin 1961. Depuis le début de sa carrière, il travaille comme salarié. Il est dans la même entreprise depuis 1984. Son employeur a sollicité NEOVIA pour étudier les différentes options de fin de carrière envisageable pour lui. L’objectif est de choisir la solution la plus avantageuse en termes de retraite. Compte tenu du déroulé de sa carrière, différents choix sont possibles : une poursuite d’activité, une rupture conventionnelle, un licenciement pour motif économique.

Analyse des droits à la retraite  

Monsieur Cuvier a commencé sa vie active en 1980. Il a travaillé quasiment sans interruption jusqu’à fin 2020, sauf lorsqu’il a effectué son service militaire. S’il poursuit son activité, à 62 ans, en juin 2023, il aura acquis 171 trimestres. Selon l’estimation indicative globale, il pourrait recevoir du régime de base de la Sécurité Sociale et du régime de retraite complémentaire de l’Agirc-Arrco, 3.310 euros par mois.

Le contrôle du conseiller retraite Neovia

Le conseiller retraite contrôle le déroulé de la carrière, collecte tous les documents nécessaires pour vérifier qu’aucune période donnant droit à des trimestres ou des points Agric-Arrco n’a été oubliée, qu’aucune erreur n’a été commise. La carrière linéaire de Monsieur Cuvier a bien été prise en compte par les différents régimes. Aucune anomalie n’est détectée.

Selon le conseiller retraite, Monsieur Cuvier remplit les conditions du départ anticipé à la retraite pour carrière longue. Celui-ci justifie, en effet, d’au moins cinq trimestres d’assurance au 31 décembre de l’année de ses 20 ans (c’est-à-dire au 31 décembre 1981) grâce à son activité professionnelle et son service militaire. Il lui faut en plus réunir au moins 168 trimestres cotisés. Il remplira cette condition à 61 ans et 3 mois.

Les différents scénarios possibles

1ère hypothèse, poursuite d’activité

Monsieur Cuvier poursuit son activité professionnelle dans les mêmes conditions qu’actuellement et prend sa retraite, de façon volontaire, à l’âge légal (62 ans). Il recevra une indemnité de départ à la retraite soumise à cotisations sociales. Le nombre de points de retraite complémentaires s’en trouvera augmenté. Il pourra ainsi prétendre à une retraite mensuelle de 3.423 euros (au lieu de 3.310 euros soit 1.356 euros de plus par an).

Monsieur Cuvier peut également opter pour une retraite anticipée à partir du 1er octobre 2022 (à 61 ans et 3 mois) pour une retraite mensuelle de 3.362 euros.

2ème hypothèse, rupture conventionnelle

Monsieur Cuvier conclut une rupture conventionnelle du contrat de travail avec son employeur avec une prise d’effet le 14/02/2021. Il recevra alors de ce dernier une indemnité au moins égale à celle versée pour un licenciement. Elle sera exonérée de cotisations pour la partie ne dépassant pas deux fois le plafond annuel de la Sécurité Sociale (soit 82.272 euros en 2021).

Il sera indemnisé par Pôle emploi non pas immédiatement, au lendemain de la rupture du contrat de travail, mais après un délai de carence de 3 mois, pendant lequel il n’aura ni salaire, ni indemnité de chômage. Il aura droit ensuite à l’allocation de retour à l’emploi jusqu’à l’âge légale de sa retraite (62 ans). Il recevra alors 3.423 euros de retraite par mois. Monsieur Cuvier garde la possibilité de partir à 61 ans et 3 mois en retraite anticipée. Il percevra alors 3.411 euros de pensions par mois.

3ème hypothèse, licenciement économique

L’employeur prononce le licenciement pour motif économique avec prise d’effet le 31/03/2021. M. Cuvier a droit aux indemnités de licenciement et sera indemnisé par Pôle emploi jusqu’à 62 ans. Il pourra alors prétendre à une retraite de 3.378 euros net par mois. Il garde la possibilité de la retraite anticipée avec un montant de 3.423 euros.

Bilan financier

1ère hypothèse : M. Cuvier poursuit son activité :

  • Entre 61 ans et 3 mois et 80 ans : il aura perçu 749.924 euros.
  • Entre 62 ans et 80 ans : 732.714 euros.

Conseil : si M. Cuvier souhaite cesser toute activité, il vaut mieux opter pour un départ à 61 ans et 3 mois. En revanche, s’il souhaite avoir une activité professionnelle après la retraite, il est préférable d’attendre 62 ans. Les conditions du cumul emploi-retraite lui seront plus favorables.

 

2ème hypothèse : M. Cuvier conclut une rupture conventionnelle avec prise d’effet au 14/02/2021. Il aura reçu entre 59 ans et 9 mois et 80 ans :

  • Compte tenu de ses allocations de chômage et d’un départ à la retraite à 61 ans et 3 mois : 625 euros.
  • Compte tenu des allocations de chômage et d’un départ à la retraite à 62 ans : 763.023 euros.

 

3ème hypothèse : M. Cuvier est licencié pour motif économique avec prise d’effet au 31/03/2021. Il aura reçu entre 59 ans et 10 mois et 80 ans :

  • Compte tenu des allocations de chômage et d’un départ à la retraite à 61 ans et 3 mois : 351 euros.
  • Compte tenu des allocations de chômage et d’un départ à la retraite à 62 ans : 765.641 euros.

 

Conseil : M. Cuvier a intérêt, dans l’hypothèse 2 et 3, à demander sa retraite à 62 ans et pas avant.

 

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FAQ

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Oui. Ce dispositif permet de combler des périodes non cotisées (études, stages, années incomplètes) pour améliorer sa pension ou réduire une décote. Il est accessible à tout assuré entre 20 et 67 ans, dans la limite de 12 trimestres maximum sur toute la carrière.

Le coût varie selon l’âge et le revenu — plus on attend, plus c’est cher — mais les sommes versées sont déductibles des revenus imposables. Le paiement peut être étalé sur 1, 3 ou 5 ans.

 

Vous pouvez valider au maximum 4 trimestres par an.

 

Partir à 62 ans avec 120 trimestres signifie avoir un nombre important de trimestres manquants (entre 47 et 52 selon votre génération). La décote appliquée atteint dans tous les cas son plafond maximum de 25 %, ce qui réduit significativement votre pension de base.

Concrètement, une pension calculée à 1 200 €/mois sans décote ne vous en verserait plus que 900 €/mois.

La meilleure alternative dans cette situation est souvent d’attendre vos 67 ans : vous obtenez alors automatiquement le taux plein, sans décote, quel que soit votre nombre de trimestres.

 

Le nombre de trimestres requis varie entre 167 et 172 selon votre date de naissance, avec un âge légal de départ compris entre 62 et 64 ans. Le maximum de 172 trimestres (43 ans de cotisation) s’applique à toutes les générations nées à partir de 1965 (1966 pour les retraites liquidées à compter du 1er septembre 2026, suite à la suspension de la réforme des retraites).

À noter : à 67 ans, le taux plein est automatique quel que soit votre nombre de trimestres.

 

Oui, plusieurs leviers existent :

  • Travailler plus longtemps : chaque année supplémentaire génère de nouveaux points.
  • Racheter des points : il est possible de combler certaines périodes peu cotisées (études, années incomplètes), dans la limite de 420 points au total. Plus le rachat est fait tôt, moins il est coûteux.
  • Corriger son relevé de carrière : des points peuvent manquer par erreur. À partir de 55 ans, une demande de correction est possible sur info-retraite.fr.
  • Demander un entretien retraite : dès 45 ans, votre caisse peut vous aider à simuler votre pension et envisager un rachat de points.

 

Plusieurs options s’offrent à vous :

  • agirc-arrco.fr : accédez à votre espace personnel pour consulter votre relevé annuel de points (RAP) et obtenir une estimation de votre future pension.
  • info-retraite.fr : consultez votre relevé individuel de situation (RIS), qui centralise vos droits auprès de tous vos régimes de retraite.

Dans les deux cas, la connexion se fait via FranceConnect.

 

Oui, la valeur du point est révisée chaque année à l’automne, après négociation entre syndicats et patronat. Elle suit en général l’évolution des salaires et de l’inflation : +5,12 % en 2022, +4,9 % en 2023, +1,6 % en 2024.

En 2026, la valeur reste gelée à 1,4386 € faute d’accord lors des négociations de l’automne 2025.

 

Non, vos points sont en principe acquis définitivement, quels que soient les événements de votre carrière.

Cependant, des points peuvent manquer à cause d’erreurs administratives ou d’oublis lors de changements d’employeur. Dans ce cas, il est possible de les récupérer en contactant sa caisse de retraite.

Une fois la retraite liquidée, un délai de prescription de 5 ans s’applique pour réclamer des droits manquants. Mieux vaut donc vérifier son relevé avant de partir.

 

Il n’existe pas de nombre minimum de points requis. Plus vous en accumulez tout au long de votre carrière, plus votre pension sera élevée.

Votre pension annuelle se calcule ainsi : nombre de points × 1,4386 € (valeur du point en vigueur depuis novembre 2024). Par exemple, 5 000 points donnent droit à environ 600 €/mois.

Vous pouvez liquider votre retraite complémentaire dès l’âge légal de départ, à condition d’avoir droit à une retraite de base à taux plein. Pensez à faire votre demande 5  mois à l’avance.

À noter : le malus de 10 % (coefficient de solidarité) a été supprimé depuis avril 2025.

 

Le salaire que vous pouvez percevoir en cumul emploi-retraite dépend de votre situation.

  • Si vous bénéficiez du cumul emploi-retraite intégral (retraite à taux plein et toutes les pensions liquidées), vous pouvez percevoir un salaire sans plafond de revenus tout en continuant à toucher votre pension.
  • Si vous êtes en cumul emploi-retraite plafonné (sans taux plein), le total pension de retraite + revenus d’activité ne doit pas dépasser 160 % du SMIC ou la moyenne de vos 3 derniers salaires avant la retraite. Si ce plafond est dépassé, le montant de la pension peut être réduit.

Exemple :
Si votre pension est de 1 500 € par mois et que votre plafond de cumul est fixé à 2 800 €, vous pouvez gagner jusqu’à 1 300 € de salaire sans impact sur votre retraite. Au-delà de ce montant, votre pension sera diminuée du dépassement.

 

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