Généralisation du principe de cessation d’activité

Sommaire

Les articles 18 à 20 de la Loi du 20 janvier 2014 portant réforme des retraites ont modifié les conditions de cessation d’activité nécessaire à la mise en paiement des retraites.

Ces modifications ont pris effet à la date 1er janvier 2015 suite à la parution des décrets n° 2014-1513 du 16 décembre 2014 (retraite progressive) et n° 2014-1713 du 30 décembre 2014 (gel des droits), ainsi que de la circulaire interministérielle n° DSS/3A/2014/347 du 29 décembre 2014 (cumul emploi-retraite et gel des droits).

Jusqu’au 31 décembre 2014 il était possible de percevoir sans cesser son activité, les retraites des différents régimes excepté celle dont relevait l’activité exercée.

On pouvait par exemple liquider les retraites des régimes salariés tout en poursuivant ou en reprenant l’exercice d’une activité non-salariée ou vice versa, sans limitation de revenus professionnels, et tout en continuant d’acquérir des droits pour les retraites non encore perçues. C’est ce que nous appelions le cumul emploi-retraite ultra régime ou encore cumul partiel.

Depuis le 1er janvier 2015 il est nécessaire de cesser toute activité professionnelle pour pouvoir percevoir une retraite de base, de n’importe quel régime (Article L. 161-22 CSS). Toutefois, les dérogations au principe de cessation d’activité propres à chaque régime qui existaient avant la réforme des retraites de janvier 2014, sont maintenues. Ainsi, les activités dont la poursuite est admise au moment de la liquidation d’une retraite d’un régime de base sont principalement :

Liste non exhaustive
>Les activités salariées considérées comme de faible importance de par la durée (consultations occasionnelles, activités juridictionnelles…) ou le montant du revenu (inférieur au tiers du SMIC, vacations d’infirmiers ou médecins…).
>Les activités salariées non soumises à cessation d’activité en fonction de leur nature : nourrices ou assistantes maternelles, fonctions de tierce personne, artistes-auteurs, activités religieuses…
>Les activités commerciales ou artisanales relevant du RSI et procurant des revenus annuels inférieurs à la moitié du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), soit 19 020 € pour 2015 (Article L. 634-6 CSS).
>Les activités libérales procurant des revenus annuels inférieurs au PASS, soit 38 040 € pour 2015 (Article L. 643-6 CSS).

Les personnes concernées par ces dérogations peuvent donc percevoir leurs retraites et continuer d’exercer leur activité professionnelle.
Par exemple, un artisan ou un commerçant peut demander la liquidation de ses retraites et continuer son activité, à condition de s’engager à limiter ses futurs revenus professionnels à la moitié du PASS. A noter que ces limites ne sont opposables à un assuré que s’il ne remplit pas les conditions du cumul emploi-retraite libéralisé.

Par ailleurs, cette obligation de cessation de toute activité pour percevoir la retraite concerne avant tout les régimes de base. En effet et sans demander la retraite du régime de base (sauf RSI), il reste possible de percevoir uniquement les retraites des régimes complémentaires auxquels on ne cotise plus. Par exemple, il est possible de liquider ses retraites complémentaires salariées, ARRCO, AGIRC et IRCANTEC, en poursuivant une activité non-salariée. A l’inverse, on peut aussi demander les retraites complémentaires des régimes de professions libérales dont on ne relève plus. Selon les statuts propres à chacun des régimes de professions libérales, il est même parfois possible de demander à percevoir sa retraite complémentaire sans avoir à cesser l’activité correspondante (CIPAV, CAVEC…).

Attention toutefois à l’abattement définitif qui sera alors déterminé uniquement en fonction de l’âge lors de la liquidation de ces retraites complémentaires, et ce, quel que soit le nombre de trimestres acquis. En effet, les régimes de retraite complémentaire ne peuvent pas s’aligner sur le régime de base si celui-ci n’est pas attribué.

Le Régime Général reste en attente de précisions de la part de la Direction de la Sécurité Sociale sur les justificatifs de cessation ou les dérogations pour les activités non salariées. Pour mettre en paiement les retraites, la CNAV a décidé de prolonger à titre provisoire et jusqu’au 30 juin 2015 les règles antérieurement en vigueur et de ne demander que la cessation des activités salariées. En cas de poursuite d’une activité non salariée, les droits seront tout de même gelés.

 

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FAQ

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La poursuite ou la reprise d’une activité professionnelle en cumul emploi-retraite peut, sous certaines conditions, permettre d’obtenir une seconde retraite en complément de votre première retraite.

 

Le régime de retraite dépend du statut social du dirigeant. Un président de SAS est assimilé salarié et relève du régime général et de l’Agirc-Arrco. Un gérant majoritaire de SARL est TNS et relève du régime des indépendants aligné et du RCI.

 

En tant que gérant majoritaire de SARL, vous êtes travailleur non salarié (TNS). Votre retraite de base relève du régime des indépendants aligné et se calcul à partir de votre revenu annuel moyen, du taux applicable et de votre durée d’assurance. Quant à votre retraite complémentaire des indépendants (RCI), elle est calculée selon un système de points.

 

En tant que président de SAS ou SASU, vous êtes assimilé salarié. Votre retraite comprend une retraite de base du régime général, calculée à partir de votre revenu annuel moyen, du taux applicable et de votre durée d’assurance. Votre retraite complémentaire Agirc-Arrco dépend du nombre de points acquis grâce à vos cotisations au cours de votre carrière.

 

Votre retraite comprend une retraite de base et une retraite complémentaire.

Le calcul de la retraite de base est le suivant :

  • Revenu annuel moyen × taux × (durée d’assurance retenue / durée d’assurance requise) ;
  • Le calcul de la retraite complémentaire : Pension complémentaire = nombre de points acquis × valeur du point au moment du départ à la retraite.

 

Oui, une période peut être absente ou mal reportée lors d’un changement de statut ou de régime. Pensez à vérifier vos trimestres et points enregistrés auprès des différents régimes.

 

Vous pouvez demander sa correction auprès de la caisse de retraite concernée directement.

 

Vérifiez que toutes vos périodes d’activité, vos revenus, vos trimestres et vos points de retraite complémentaire apparaissent correctement.

 

Un audit retraite permet de vérifier les trimestres enregistrés sur votre relevé de carrière, de repérer d’éventuelles anomalies ou périodes manquantes. Si vous n’avez pas acquis tous les trimestres nécessaires pour bénéficier du taux plein, il permet également de faire le point sur votre situation et de connaître les solutions d’optimisation qui s’offrent à vous.

 

S’il vous manque des trimestres pour partir à taux plein vous pouvez, selon votre situation, poursuivre votre activité pour acquérir des trimestres supplémentaires et/ou envisager un rachat pour certaines périodes.

 

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